PARTAGE DE RECETTES ET RISQUES FINANCIERS

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Contrat de coréalisation d’un spectacle : comprendre avant de signer

Un contrat de coréalisation ne repose pas sur un prix forfaitaire garanti comme une cession classique.

La rémunération de la compagnie dépend généralement de la billetterie, du pourcentage de partage et des dépenses retirées avant le calcul.

Une proposition présentée comme un « partage à 50/50 » peut donc être favorable, équilibrée ou déficitaire selon la recette, les frais et les coûts supportés par chaque partie.

Avant de signer, vous devez comprendre précisément comment la somme revenant à votre compagnie sera calculée.

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Qu’est-ce qu’un contrat de coréalisation ?

Le contrat de coréalisation organise l’exploitation d’un spectacle entre une structure productrice et un diffuseur ou lieu d’accueil.

Le producteur fournit généralement le spectacle monté et reste responsable de son équipe artistique et technique.

Le diffuseur fournit le lieu en ordre de marche et assume les fonctions prévues au contrat, notamment l’accueil et la billetterie.

En contrepartie, les parties se répartissent tout ou partie de la recette selon un pourcentage convenu.

La coréalisation se distingue donc de la cession, dans laquelle le producteur reçoit un prix forfaitaire pour une ou plusieurs représentations.

La cession

Dans une cession, le producteur et l’organisateur conviennent d’un prix déterminé.

La recette de billetterie réalisée par le lieu ne modifie normalement pas le prix de cession prévu au contrat.

Le risque lié au remplissage est donc principalement supporté par l’organisateur, sous réserve des autres clauses convenues.

Quelle différence entre une cession et une coréalisation ?

La coréalisation

Dans une coréalisation, la somme revenant au producteur dépend de la recette et des règles de calcul inscrites dans le contrat.

Si peu de billets sont vendus, la compagnie peut recevoir une somme insuffisante pour couvrir ses propres coûts.

Si la billetterie est élevée, elle peut au contraire percevoir davantage qu’avec certaines propositions forfaitaires.

Point essentiel

La coréalisation ne doit pas être acceptée uniquement parce que le pourcentage annoncé paraît intéressant.

Vous devez comparer le résultat prévisible avec le coût réel des représentations.

Pourquoi un partage à 50/50 ne permet-il pas de prévoir le résultat ?

  • de quelle recette le calcul part ;

  • quelles dépenses sont retirées ;

  • qui supporte ces dépenses ;

  • comment sont traités les droits et les taxes ;

  • combien de billets peuvent être invités ou vendus à tarif réduit ;

  • si un minimum garanti est prévu ;

  • quand le bordereau et le paiement seront transmis.

Deux contrats utilisant le même pourcentage peuvent donc produire des résultats très différents.

La formule « 50/50 sur la recette nette » reste incomplète tant que plusieurs éléments ne sont pas définis.

Il faut savoir :

Le Kit Diffusion Autonome réserve une méthode complète pour refaire le calcul ligne par ligne et comparer plusieurs hypothèses de remplissage.

Les six éléments à vérifier avant de signer

La billetterie

Le contrat doit préciser qui organise la vente, encaisse les recettes et fournit l’état final.

Vérifiez également :

  • la jauge mise en vente ;

  • les différents tarifs ;

  • les réductions ;

  • les invitations ;

  • les remboursements éventuels ;

  • les canaux de billetterie utilisés.

Une jauge de 150 places ne signifie pas que 150 billets seront réellement vendables au tarif normal.

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La recette de départ

Le contrat doit permettre de comprendre si le calcul part :

  • de la recette encaissée auprès du public ;

  • d’un montant toutes taxes comprises ;

  • d’un montant hors taxes ;

  • d’une recette déjà diminuée de certains postes.

Les termes « recette brute » et « recette nette » doivent être définis dans le document.

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Les frais déduits avant le partage

Certains contrats retirent des dépenses avant de répartir la recette.

Il peut notamment être question :

  • de droits d’auteur ;

  • de droits musicaux ;

  • de la taxe sur les spectacles vivants ;

  • de commissions de billetterie ;

  • de frais techniques ;

  • de communication ;

  • de personnel d’accueil ;

  • de nettoyage ;

  • d’autres frais expressément convenus.

Une expression comme « après déduction des frais du lieu » est trop imprécise si les frais concernés, leurs montants ou leurs justificatifs ne sont pas identifiables.

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Le pourcentage de chaque partie

Le contrat doit préciser le pourcentage attribué au producteur et celui revenant au diffuseur.

Des partages à 50/50 ou à 60/40 peuvent être observés dans certaines pratiques, mais ils ne constituent ni une obligation, ni un barème professionnel universel.

Un pourcentage plus élevé appliqué à une base fortement diminuée peut produire un résultat inférieur à un pourcentage plus faible appliqué à une base plus favorable.

Le minimum garanti éventuel

Un minimum garanti au producteur peut prévoir que sa rémunération ne descendra pas sous un montant déterminé.

Ce minimum ne s’ajoute pas nécessairement en totalité à la quote-part de billetterie.

Lorsque la part du producteur est inférieure au minimum prévu, le diffuseur verse généralement le complément permettant d’atteindre ce montant.

Le traitement fiscal du complément doit être vérifié séparément, car il ne suit pas automatiquement le même régime que la part directement issue de la billetterie.

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Le bordereau et le paiement

Après les représentations, le producteur doit pouvoir contrôler le calcul effectué.

Le contrat doit prévoir :

  • l’état de billetterie ;

  • le détail des tarifs ;

  • les invitations ;

  • la recette ;

  • les déductions ;

  • la part de chaque partie ;

  • le document à facturer ;

  • le délai de règlement.

Une formule compréhensible avant la représentation doit rester vérifiable après celle-ci.

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Exemple fictif : ce que cache un partage à 60/40

Un lieu propose à une compagnie un partage de 60 % pour le producteur et 40 % pour le diffuseur.

Après les représentations, la billetterie prise en compte s’élève à 4 000 €.

Le contrat autorise 500 € de déductions avant le partage.

La base restant à partager est donc de 3 500 €.

Dans cet exemple simplifié :

  • part du producteur : 2 100 € ;

  • part du diffuseur : 1 400 €.

Mais la compagnie supporte encore 2 600 € de salaires, transport, repas et hébergement.

Malgré un partage de 60 %, son résultat prévisible est donc négatif de 500 €.

Conclusion

Le pourcentage n’indique pas, à lui seul, si la proposition couvre les coûts de la compagnie.

Les montants sont fictifs. L’exemple ne traite volontairement ni la TVA, ni les droits, ni la taxe sur les spectacles, qui doivent être vérifiés dans le contrat réel.

Que faut-il vérifier concernant les droits et taxes ?

Lorsque la représentation entre dans son champ, la taxe sur les spectacles est perçue au taux de 3,5 %. Pour une représentation payante, son assiette et son redevable doivent être vérifiés selon le champ du spectacle et l’organisme compétent. La taxe est constatée par l’ASTP ou le CNM selon la catégorie du spectacle et la situation.

Le contrat doit toutefois distinguer :

  • le redevable légal ;

  • la personne effectuant la déclaration ;

  • la partie supportant économiquement la taxe ;

  • son éventuelle déduction avant le partage.

Les droits d’auteur et droits musicaux ne doivent pas être regroupés automatiquement sous un taux unique.

Le contrat doit préciser les œuvres concernées, la partie chargée des déclarations, le payeur et les modalités de calcul.

Ces informations doivent être vérifiées pour chaque opération. Une clause contractuelle ne suffit pas à modifier le redevable désigné par la réglementation.

Sigle Blanc Diffusion Autonome
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Que se passe-t-il si peu de billets sont vendus ?

  • rémunérations ;

  • cotisations ;

  • transport ;

  • hébergement ;

  • repas ;

  • matériel ;

  • administration.

Une faible recette peut réduire fortement la part de la compagnie.

Ses propres dépenses restent pourtant engagées :

Le contrat doit aussi préciser le sort des frais lorsque les dépenses déductibles du lieu sont supérieures à la recette disponible.

Ramener la base partageable à zéro ne fait pas disparaître les dépenses réellement engagées.

Il faut savoir quelle partie supporte alors la perte.

Point de vigilance

Une clause permettant au lieu d’annuler une représentation en raison d’un faible remplissage doit préciser le seuil retenu, la date de décision, la procédure d’information et les conséquences financières.

Pouvez-vous répondre à ces questions ?

  • qui détient et gère la billetterie ;

  • quelle recette sert de point de départ ;

  • quels frais peuvent être déduits ;

  • sur quel montant le pourcentage est appliqué ;

  • si un minimum garanti existe ;

  • qui supporte vos déplacements, repas et hébergements ;

  • quand vous recevrez le bordereau et le règlement.

Avant de signer, vérifiez que vous savez :

Une réponse absente ou imprécise signifie que le résultat financier ne peut pas encore être prévu correctement.

Demandez une clarification écrite avant de vous engager.

Cinq erreurs fréquentes en coréalisation

Comparer uniquement les pourcentages

Un partage à 60 % n’est pas nécessairement préférable à un partage à 50 %. Tout dépend de la base, des frais et des responsabilités.

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Accepter une recette nette non définie

Le terme « nette » doit correspondre à une liste identifiable de déductions.

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Oublier les coûts propres de la compagnie

La part de billetterie constitue une recette. Elle doit ensuite être comparée aux salaires, déplacements et autres coûts supportés par le producteur.

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Confondre minimum garanti et somme supplémentaire

Le minimum sert généralement à compléter la quote-part jusqu’au seuil prévu. Il ne s’ajoute pas automatiquement en totalité.

Facturer sans contrôler le bordereau

Une erreur de tarif, d’invitation, de TVA ou de déduction peut modifier la somme revenant au producteur.

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Pourquoi une série doit-elle être simulée dans son ensemble ?

  • transport du décor ;

  • installation technique ;

  • déplacement aller-retour ;

  • communication ;

  • tâches administratives.

Mais elle augmente également d’autres dépenses :

  • salaires ;

  • repas ;

  • hébergements ;

  • consommables ;

  • locations ;

  • temps d’exploitation.

Le résultat doit donc être calculé pour l’ensemble de la série et pour chaque hypothèse de remplissage.

Une représentation supplémentaire n’est pas automatiquement rentable sous prétexte que le décor est déjà installé.

Une coréalisation portant sur plusieurs représentations peut répartir certains coûts :

Testez la proposition avant de l’accepter

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Il permet notamment de comparer :

  • plusieurs niveaux de fréquentation ;

  • différents tarifs de billetterie ;

  • les invitations ;

  • les frais déduits ;

  • le partage entre les parties ;

  • un minimum garanti éventuel ;

  • les coûts propres de la compagnie ;

  • une ou plusieurs représentations ;

  • le seuil de rentabilité ;

  • le résultat du producteur et du lieu.

Le simulateur constitue un outil pédagogique d’aide à la décision.

Le contrat, le bordereau de billetterie et la comptabilité de chaque partie restent les documents de référence.

Prix : 49 €

TVA non applicable, article 293 B du CGI.

Le Kit Diffusion Autonome comprend un simulateur de coréalisation au format .xlsx, conçu pour être importé dans Google Sheets.

Il permet de tester plusieurs hypothèses de remplissage, de dépenses, de partage et de nombre de représentations. Le kit comprend également une méthode de lecture du contrat reçu, une checklist avant signature et des exemples fictifs.

Il ne fournit pas un contrat universel prêt à signer. Chaque document doit être relu et adapté aux parties, aux flux financiers et à l’opération concernée.

Approfondir votre proposition

Calculer le prix de cession

Comparez la coréalisation avec le coût d’une représentation vendue à un prix forfaitaire.

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Questions fréquentes sur le contrat de coréalisation

Existe-t-il un pourcentage obligatoire en coréalisation ?

Non.

Les parties définissent contractuellement leur partage. Les pourcentages parfois observés dans la pratique ne constituent pas une règle générale.

Qu’est-ce que la recette nette ?

Il n’existe pas une définition unique applicable à tous les contrats.

Le document doit préciser le montant de départ et la liste des éléments retirés avant le partage.

Le lieu doit-il obligatoirement proposer un minimum garanti ?

Non.

Une coréalisation peut être conclue sans minimum garanti. Lorsqu’un minimum existe, son bénéficiaire, son calcul et son régime doivent être précisés.

Qui gère généralement la billetterie ?

Dans le schéma habituel de coréalisation, l'organisateur assume la billetterie et encaisse les recettes selon les conditions contractuelles.

La coréalisation est-elle toujours plus risquée qu’une cession ?

Elle expose généralement davantage le producteur au niveau de billetterie.

Elle peut cependant devenir intéressante si le remplissage, les tarifs, les déductions et les coûts de la compagnie produisent un résultat suffisant.

Le simulateur garantit-il le résultat final ?

Non.

Il calcule des scénarios à partir des informations saisies. Le résultat réel dépend notamment de la billetterie, des frais, du contrat et des données transmises après les représentations.

Sources à vérifier avant de signer

Consultez notamment :

Les taux, règles et organismes compétents peuvent évoluer. Vérifiez leur version en vigueur pour l’opération concernée.

Ne signez pas un pourcentage sans calculer son résultat

Le Kit Diffusion Autonome vous aide à comprendre le contrat, tester plusieurs hypothèses de remplissage et comparer la recette attendue avec les coûts de votre compagnie.

Le kit ne garantit pas de programmation. Il vous aide à construire et utiliser un système de travail adapté à votre diffusion.

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